J'avais commencé mon article comme ceci :
Alors que faire un 31 décembre... rester seuls et tranquilles au milieu de nul part !
Nous avons décidé de ne pas bouger de notre "chalet" et de profiter de la quiétude des lieux pour ce dernier jour de l'année. Nous sommes des sauvages et le cadre, l'atmosphère... nous conviennent. Mais je vais tout de même rester dans le traditionnel en faisant un petit repas en amoureux.
Alors les événements font que cela n'est plus d'actualité, ou presque.
Nous allons bien rester en amoureux et je vais faire un petit repas traditionnel, mais cela ne sera pas à Thio. Au moment où j'allais rejoindre Didoux, celui-ci m'a appelé pour me prévenir de ne pas monter. Il semblerait que les jeunes des environs ont prévus un réveillon festif avec alcool et armes. Vous vous doutez bien que le mélange n'est pas très heureux et que nous ne souhaitons pas vivre des faits malheureux.
Il faut savoir qu'en Nouvelle-Calédonie, les décès ou blessures par armes sont assez fréquentes et sont souvent sur fond de soirées bien arrosées. En parallèle 2014 est une année charnière attendue de tous, l'année des changements. Vous pensez bien que c'est une raison supplémentaire de s'enivrer et de s'énerver tout seul.
Donc je vais aller faire ma petite cuisine tranquille chez Michel, et nous mangerons notre repas à la belle étoile et aux bougies sur le Vayu.
Sur ce, je vous souhaite un bon réveillon et à l'année prochaine !
mardi 31 décembre 2013
lundi 30 décembre 2013
Tableau de famille
Je vous parle souvent d'événements du passé ou du présent mais pas souvent des gens, donc aujourd'hui je vais remédier à ce manque. Je vais vous présenter la Tribu Daubord.
Nous avons tout d'abord le père : Thierry. Je vous en ai déjà parlé, c'est le frère de Didoux et le super chauffeur de bateau-taxi. La cinquantaine sportif, Dédé, de son surnom, est un bon vivant. Hyperactif : si il ne bricole pas, il fait les courses, sinon conduit ses clients sur un îlot ou apprend l'anglais... Enfin, il a toujours un truc à faire.
Ensuite vous avez la mère : Véro. La gentillesse même, elle m'épate avec sa manière de s'exprimer et sa vision qu'elle a du monde et des gens. Très occupée elle aussi, elle se partage entre ses deux emplois et ses trois filles : un temps plein 7 jours sur 7 jours.
Après bien sûr, viennent les filles : Laura, Macha et Ambre.
Je commencerais avec l'aîné : Laura. 13 ans et la championne de la tribu. Passionnée de natation, elle s'entraîne tous les jours et si elle ne nage pas pour ses compétitions, elle nage pour le plaisir. Un poisson : nous pensons même que des branchies sont en train de lui pousser derrière les oreilles, ce qui lui permet de gagner des secondes et des médailles.
Ensuite il y a Macha, 11 ans. Elle adore les chevaux et faire de la pâtisserie. Je pense que les chevaux sont vraiment son leitmotiv et si elle pouvait elle serait avec eux 24/24h, mais un jour par semaine c'est déjà pas mal. D'ailleurs elle vient d'obtenir son Galop 2, un niveau d'équitation. Sinon elle aime expérimenter en pâtisserie et vient de découvrir les colorants alimentaires.
Et en dernier, nous avons Ambre, 8 ans. Tranquille est son deuxième surnom. Elle n'aime pas l'école, ni la natation même si elle doit pratiquer les deux. Elle son truc, c'est les playmobil et les animaux. D'ailleurs elle aimerait devenir vétérinaire plus tard, mais personne ne lui a encore dit qu'elle avait pas encore fini ses études pour ça.
Voilà vous avez rencontré la Tribu qui nous accueille le temps d'un café, d'un repas ou d'un coucou.
Nous avons tout d'abord le père : Thierry. Je vous en ai déjà parlé, c'est le frère de Didoux et le super chauffeur de bateau-taxi. La cinquantaine sportif, Dédé, de son surnom, est un bon vivant. Hyperactif : si il ne bricole pas, il fait les courses, sinon conduit ses clients sur un îlot ou apprend l'anglais... Enfin, il a toujours un truc à faire.
Ensuite vous avez la mère : Véro. La gentillesse même, elle m'épate avec sa manière de s'exprimer et sa vision qu'elle a du monde et des gens. Très occupée elle aussi, elle se partage entre ses deux emplois et ses trois filles : un temps plein 7 jours sur 7 jours.
Après bien sûr, viennent les filles : Laura, Macha et Ambre.
Je commencerais avec l'aîné : Laura. 13 ans et la championne de la tribu. Passionnée de natation, elle s'entraîne tous les jours et si elle ne nage pas pour ses compétitions, elle nage pour le plaisir. Un poisson : nous pensons même que des branchies sont en train de lui pousser derrière les oreilles, ce qui lui permet de gagner des secondes et des médailles.
Ensuite il y a Macha, 11 ans. Elle adore les chevaux et faire de la pâtisserie. Je pense que les chevaux sont vraiment son leitmotiv et si elle pouvait elle serait avec eux 24/24h, mais un jour par semaine c'est déjà pas mal. D'ailleurs elle vient d'obtenir son Galop 2, un niveau d'équitation. Sinon elle aime expérimenter en pâtisserie et vient de découvrir les colorants alimentaires.
Et en dernier, nous avons Ambre, 8 ans. Tranquille est son deuxième surnom. Elle n'aime pas l'école, ni la natation même si elle doit pratiquer les deux. Elle son truc, c'est les playmobil et les animaux. D'ailleurs elle aimerait devenir vétérinaire plus tard, mais personne ne lui a encore dit qu'elle avait pas encore fini ses études pour ça.
Voilà vous avez rencontré la Tribu qui nous accueille le temps d'un café, d'un repas ou d'un coucou.
dimanche 29 décembre 2013
Le rat et le poulpe
Le conte du rat et du poulpe est le conte kanak le plus connu. En voici le récit :
Un rat, un goéland et une poule sultane vivaient ensemble, en camarades, et s'étaient associés pour chercher leur nourriture. Or, il advint, une fois, que les vivres manquant, les deux oiseaux et le rongeur tinrent conseil. Allons pêcher, dit le goéland, allons aux récifs, la mer sera bientôt basse et nous prendrons beaucoup de poissons. Tu as raison, dit la poule sultane. Ah ! soupire le rat, cela vous est bien facile, à vous qui avez des ailes, mais moi pauvre et chétif quadrupède, comment ferais-je pour vous suivre ? Construisons un radeau, dit la poule sultane et tu viendras avec nous. C'est cela, s'écrièrent les deux autres.
Ils se mirent à l'œuvre. Le rat rongeait, coupait et creusait des cannes à sucre, les oiseaux en disposaient les morceaux en forme de pirogue ; la coque, le mât, la voile, le gouvernail, tout était en canne à sucre. L'ouvrage fut bientôt terminé, la poule sultane et le goéland mirent l'embarcation à flot, le rat y sauta joyeusement et partit escortés de ses deux ailés.
Arrivés au grand récif qui était à sec en ce moment, le goéland et la poule sultane dirent au rat : Reste-là, nous allons pêcher et nous reviendrons tout à l'heure avec nos provisions. Puis ils partirent à tire d'aile et disparurent de l'horizon.
Le temps se passait et les deux oiseaux ne revenaient point. Pressé par la faim, le rat se mit à dévorer la voile, puis le mat, puis las d'attendre toujours en vain, le gouvernail, et finalement l'embarcation. Il venait à peine de ronger le dernier morceau que les deux oiseaux parurent tenant dans leur bec les poissons qu'ils avaient attrapé : Eh bien ! cria la poule sultane, nous avons fait bonne pêche, mais où est ta pirogue ? Hélas ! répondit le rat, je vous ai attendus longtemps, vous ne reveniez pas, j'avais faim, je l'ai mangée. Comment, s'écria le goéland avec colère, nous travaillons à te construire une embarcation et tu la manges, c'est le prix de notre travail ! Eh bien, puisque tu es ici, restes-y. En achevant ces mots les deux oiseaux partirent, laissant le rat se désoler, crier et pleurer. Déjà, la marée commençait à remonter. Je suis perdu, se disait le rat. Avisant un caillou qui était encore à sec, il y sauta au moment où la mer commençait à gagner sa place. Hélas ! murmurait-il, tout à l'heure, l'eau m'atteindra ici, et il faudra bien que je meure. Comme il était en train de se lamenter, passa un poulpe qui l'aperçut. Que fais-tu là, petit, lui demanda-t-il.
J'attends la mort, lui répondit tristement le rat, le goéland et la poule sultane m'ont abandonné, et il lui raconta son histoire.
Ah ! Ah ! dit le poulpe qui était une bonne créature, te voilà dans une vilaine situation, mais je vais t'en tirer. Saute sur mon dos je ne vais pas très vite, mais je te conduirais quand même à terre. Le rat tout joyeux sauta sur la tête de l'animal complaisant. Celui-ci, en effet, ne nageait pas bien rapidement, pourtant on se rapprochait peu à peu de la terre et enfin, on ne fut qu'à une courte distance.
La rat, échappé à la mort, ne sentait plus d'aise. Il riait et dansait comme un fou, et, sans respect pour son sauveur, il urina sur la tête du poulpe. Que fais-tu donc là, petit ? dit l'animal des mers qui sentait l'autre se trémousser sur son dos. Ce n'est rien, répondit le rat, c'est la vue de la terre qui me réjouit. Puis comme on était plus qu'à quelques brasses du rivage, le rat, rempli d'allégresse, souilla de ses ordures la tête de son bienfaiteur en s'élançant soudain à terre. Et maintenant, regarda-toi, cria-t-il au poulpe en se pâmant de rire.
Le poulpe aperçut alors ce que l'ingrat lui avait laissé pour prix de son service. Furieux, il voulut se précipiter pour poursuivre le rongeur, mais les rochers lui déchirèrent ses longs bras et, tout meurtri de ses efforts, il dut regagner le fond des mers.
Depuis ce jour, le poulpe garde sur sa tête les traces de cette aventure et une haine farouche envers les rats.
Un rat, un goéland et une poule sultane vivaient ensemble, en camarades, et s'étaient associés pour chercher leur nourriture. Or, il advint, une fois, que les vivres manquant, les deux oiseaux et le rongeur tinrent conseil. Allons pêcher, dit le goéland, allons aux récifs, la mer sera bientôt basse et nous prendrons beaucoup de poissons. Tu as raison, dit la poule sultane. Ah ! soupire le rat, cela vous est bien facile, à vous qui avez des ailes, mais moi pauvre et chétif quadrupède, comment ferais-je pour vous suivre ? Construisons un radeau, dit la poule sultane et tu viendras avec nous. C'est cela, s'écrièrent les deux autres.
Ils se mirent à l'œuvre. Le rat rongeait, coupait et creusait des cannes à sucre, les oiseaux en disposaient les morceaux en forme de pirogue ; la coque, le mât, la voile, le gouvernail, tout était en canne à sucre. L'ouvrage fut bientôt terminé, la poule sultane et le goéland mirent l'embarcation à flot, le rat y sauta joyeusement et partit escortés de ses deux ailés.
Arrivés au grand récif qui était à sec en ce moment, le goéland et la poule sultane dirent au rat : Reste-là, nous allons pêcher et nous reviendrons tout à l'heure avec nos provisions. Puis ils partirent à tire d'aile et disparurent de l'horizon.
Le temps se passait et les deux oiseaux ne revenaient point. Pressé par la faim, le rat se mit à dévorer la voile, puis le mat, puis las d'attendre toujours en vain, le gouvernail, et finalement l'embarcation. Il venait à peine de ronger le dernier morceau que les deux oiseaux parurent tenant dans leur bec les poissons qu'ils avaient attrapé : Eh bien ! cria la poule sultane, nous avons fait bonne pêche, mais où est ta pirogue ? Hélas ! répondit le rat, je vous ai attendus longtemps, vous ne reveniez pas, j'avais faim, je l'ai mangée. Comment, s'écria le goéland avec colère, nous travaillons à te construire une embarcation et tu la manges, c'est le prix de notre travail ! Eh bien, puisque tu es ici, restes-y. En achevant ces mots les deux oiseaux partirent, laissant le rat se désoler, crier et pleurer. Déjà, la marée commençait à remonter. Je suis perdu, se disait le rat. Avisant un caillou qui était encore à sec, il y sauta au moment où la mer commençait à gagner sa place. Hélas ! murmurait-il, tout à l'heure, l'eau m'atteindra ici, et il faudra bien que je meure. Comme il était en train de se lamenter, passa un poulpe qui l'aperçut. Que fais-tu là, petit, lui demanda-t-il.
J'attends la mort, lui répondit tristement le rat, le goéland et la poule sultane m'ont abandonné, et il lui raconta son histoire.
Ah ! Ah ! dit le poulpe qui était une bonne créature, te voilà dans une vilaine situation, mais je vais t'en tirer. Saute sur mon dos je ne vais pas très vite, mais je te conduirais quand même à terre. Le rat tout joyeux sauta sur la tête de l'animal complaisant. Celui-ci, en effet, ne nageait pas bien rapidement, pourtant on se rapprochait peu à peu de la terre et enfin, on ne fut qu'à une courte distance.
La rat, échappé à la mort, ne sentait plus d'aise. Il riait et dansait comme un fou, et, sans respect pour son sauveur, il urina sur la tête du poulpe. Que fais-tu donc là, petit ? dit l'animal des mers qui sentait l'autre se trémousser sur son dos. Ce n'est rien, répondit le rat, c'est la vue de la terre qui me réjouit. Puis comme on était plus qu'à quelques brasses du rivage, le rat, rempli d'allégresse, souilla de ses ordures la tête de son bienfaiteur en s'élançant soudain à terre. Et maintenant, regarda-toi, cria-t-il au poulpe en se pâmant de rire.
Le poulpe aperçut alors ce que l'ingrat lui avait laissé pour prix de son service. Furieux, il voulut se précipiter pour poursuivre le rongeur, mais les rochers lui déchirèrent ses longs bras et, tout meurtri de ses efforts, il dut regagner le fond des mers.
Depuis ce jour, le poulpe garde sur sa tête les traces de cette aventure et une haine farouche envers les rats.
samedi 28 décembre 2013
Le bagne (1)
Suite au dernier article, je saisis l'occasion pour vous reparler un peu de l'histoire de la Nouvelle-Calédonie et de son passé honteux. Car pendant longtemps, ce moment de l'Histoire a voulu être effacé, oublié, rayé... car nombreux sont les habitants avec un ancêtre bagnard.
En fait depuis le début de la prise du territoire, le peuplement de la colonie est difficile et se fait très lentement. En 1862, le gouverneur Guillain est donc envoyé en poste avec pour mission de mettre en place une véritable colonie. Mais la colonisation dont il rêve est la colonisation pénale mais avec un véritable idéal philanthropique.
La Guyane décimant les forçats et les surveillants de par son climat insalubre, la Nouvelle-Calédonie représente l'alternative idéale. Il faut tout de même savoir que ce système pénal est la résultante d'une longue évolution du système en métropole et l'exil des condamnés une réponse logique à l'époque. Tout le monde y trouve son compte. La métropole se débarrasse de sa "vermine" et la colonie hérite d'une main d'œuvre gratuite et "dévouée". D'ailleurs les premiers condamnés ont été sélectionnés pour leur aptitude : ouvriers qualifiés, menuisiers, maçons...
C'est ainsi qu'ils commencèrent par bâtir en moins de trois ans, sur l'île Nou, les différents bâtiments pénitenciers qui formèrent une petite ville autonome. Car le bagne vivait en totale autarcie avec ses ateliers et ses terres agricoles. Avec en plus un personnel de l'Administration Pénitentiaire, à partir de 1874, indépendante qui formait une sorte d'Etat dans l'Etat.
En fait depuis le début de la prise du territoire, le peuplement de la colonie est difficile et se fait très lentement. En 1862, le gouverneur Guillain est donc envoyé en poste avec pour mission de mettre en place une véritable colonie. Mais la colonisation dont il rêve est la colonisation pénale mais avec un véritable idéal philanthropique.
La Guyane décimant les forçats et les surveillants de par son climat insalubre, la Nouvelle-Calédonie représente l'alternative idéale. Il faut tout de même savoir que ce système pénal est la résultante d'une longue évolution du système en métropole et l'exil des condamnés une réponse logique à l'époque. Tout le monde y trouve son compte. La métropole se débarrasse de sa "vermine" et la colonie hérite d'une main d'œuvre gratuite et "dévouée". D'ailleurs les premiers condamnés ont été sélectionnés pour leur aptitude : ouvriers qualifiés, menuisiers, maçons...
C'est ainsi qu'ils commencèrent par bâtir en moins de trois ans, sur l'île Nou, les différents bâtiments pénitenciers qui formèrent une petite ville autonome. Car le bagne vivait en totale autarcie avec ses ateliers et ses terres agricoles. Avec en plus un personnel de l'Administration Pénitentiaire, à partir de 1874, indépendante qui formait une sorte d'Etat dans l'Etat.
vendredi 27 décembre 2013
La baie du Prony
Ponctuée de tâches de verdure sombre et de jolies plages, la baie du Prony est découpée en une série de baies secondaires : de la Somme, du Carénage, des Kaoris, de l'Aiguillon, de l'Est. Nous avons d'ailleurs déjà eu le plaisir d'y dormir sur le Vayu, et ce lieu est d'un calme et d'une beauté renversantes.
La baie doit son nom au commandant Jean-Joseph de Brun, qui navigant dans ces eaux pour son étude hydrographique, la baptisa du nom de sa corvette "Prony". Il nomma également les îlots alentour : le premier îlot, à l'entrée, en l'honneur du capitaine responsable de l'expédition Tardy de Montravel, le second prit le nom de Joseph Casy qui assumait les fonctions de Ministre de la Marine et enfin le dernier fait référence à son fils Gabriel.
Lové au creux de la baie se trouve le village de Prony. Une vraie merveille au passé lourd.
A ses débuts, ce fut un camp : Le camp Sébert. Ce capitaine de l'artillerie de la Marine eut la délicate mission d'implanter une exploitation forestière pour ravitailler Nouméa en bois. Avec 33 hommes dont 29 transportés, il approvisionna avec succès la capitale. En 1873, soit 6 ans après, le camp passa sous contrôle de l'administration pénitencière. Des bâtiments en dur furent dès lors construit tel la poudrière, le magasin de matériel... Le nombre de bagnards atteindra 635 individus en 1898, mais le rendement ira à contrario en diminuant. Ce qui amènera lentement son abandon et sa fermeture en 1911.
Après le bagne, ce fut la SOCAMIFER, filiale de la SLN, qui ouvre, en 1956, une exploitation d'extraction de fer et implante sur les ruines un village de mineurs habités par les familles jusqu'en 1968. En 1990, ses habitants fondent l'Association du village de Prony pour sauvegarder et conserver ce patrimoine et ce site exceptionnel. En 2007, la Province Sud devient propriétaire et inscrit le site aux monuments historiques.
A ce jour, il ne reste plus grand chose des bâtiments du bagne qui sont souvent recouverts par les racines de banians géants. Mais cet endroit respire la quiétude et fut la perle de notre ballade.
La baie doit son nom au commandant Jean-Joseph de Brun, qui navigant dans ces eaux pour son étude hydrographique, la baptisa du nom de sa corvette "Prony". Il nomma également les îlots alentour : le premier îlot, à l'entrée, en l'honneur du capitaine responsable de l'expédition Tardy de Montravel, le second prit le nom de Joseph Casy qui assumait les fonctions de Ministre de la Marine et enfin le dernier fait référence à son fils Gabriel.
Lové au creux de la baie se trouve le village de Prony. Une vraie merveille au passé lourd.
A ses débuts, ce fut un camp : Le camp Sébert. Ce capitaine de l'artillerie de la Marine eut la délicate mission d'implanter une exploitation forestière pour ravitailler Nouméa en bois. Avec 33 hommes dont 29 transportés, il approvisionna avec succès la capitale. En 1873, soit 6 ans après, le camp passa sous contrôle de l'administration pénitencière. Des bâtiments en dur furent dès lors construit tel la poudrière, le magasin de matériel... Le nombre de bagnards atteindra 635 individus en 1898, mais le rendement ira à contrario en diminuant. Ce qui amènera lentement son abandon et sa fermeture en 1911.
Après le bagne, ce fut la SOCAMIFER, filiale de la SLN, qui ouvre, en 1956, une exploitation d'extraction de fer et implante sur les ruines un village de mineurs habités par les familles jusqu'en 1968. En 1990, ses habitants fondent l'Association du village de Prony pour sauvegarder et conserver ce patrimoine et ce site exceptionnel. En 2007, la Province Sud devient propriétaire et inscrit le site aux monuments historiques.
A ce jour, il ne reste plus grand chose des bâtiments du bagne qui sont souvent recouverts par les racines de banians géants. Mais cet endroit respire la quiétude et fut la perle de notre ballade.
jeudi 26 décembre 2013
Retour dans le Sud
Il y a plusieurs mois nous avions fait un petit tour dans le Sud, cette fois-ci nous avons fait un grand tour, et malgré cela nous n'avons pas encore tout vu !
Didoux a voulu me montrer un peu le domaine où il travaillait il n'y a pas si longtemps que cela. Nous sommes donc partis de Nouméa et avons pris la route qu'il prenait avec le bus pour se rendre à Goro. Cette route est fantastique. Nous avons commencé par remonter la vallée de la Lembi pour arriver au col de Mouirange qui atteint 255 mètre d'altitude. Vous avez d'ici une vue sur la terre rouge mais aussi sur le maquis minier. Nous avons passé ensuite les Deux Tétons, avec une vision sur une plaine immense qui vous rappelle à quel point ce pays est vert et étendu. Nous sommes enfin arrivés au col de Ouénarou, où se trouve l'entrée du parc provincial de la Rivière-Bleue, mais il était fermé (ce sera pour une prochaine fois).
Au lieu d'aller jusqu'à Yaté, qui se trouve sur la côte Est nous bifurquons et rentrons au cœur de cette région avec ses pistes couleur sang. Pour Didoux ces voies sont celles de son passé, pour moi c'est les routes de l'Enfer, ou plutôt des nids de poules. Il avait oublié qu'avec un 4x4, la circulation sur ces pistes est beaucoup plus aisée, mais nous rentrions ainsi dans l'envers du décor au milieu de la nature.
Et puis soudain vous arrivez au milieu de la mine où des machines immenses travaillent. Et surtout vous tombez sur l'usine de nickel. Cette usine de transformation se situe là, au milieu de cette verdure, une masse de métal qui choque. Ces structures, sorties d'un livre de science-fiction, sont démesurées et ne laissent pas indifférentes. Suivent la base vie... et puis plus rien.
Nous poursuivons notre chemin pour nous rendre à la Baie du Prony et à son village (mais je vous en parlerais demain, car ce serait trop long). Après plusieurs heures de route et de conduite fatigantes, entre les trous et les virages, nous décidons de fermer la boucle et de rentrer sur la capitale. Nous suivons les lacets qui nous mènent au col de Crèvecoeur à 324 mètres d'altitude, où nous pouvons voir Nouméa qui se profile au loin. C'est aussi ici que nous pouvons approcher de près les éoliennes de Plum. Installées ici en 1996, elles ont été importées du Danemark, elles ont la particularité de résister à des rafales de 280 km/h, pas inutile dans un pays à cyclone.
Nous descendons lentement vers la plaine du Champ-de-Bataille, nom faisant référence aux combats auxquels se livraient autrefois les guerriers de Kunié avec les tribus locales quand ils venaient s'approvisionner en bois pour leurs pirogues. C'est une plaine d'un beau camaïeu de vert grâce à un projet de reboisement qui couvre largement ce lieu. Nous arrivons enfin à la rivière des Pirogues qui annonce la fin de notre circuit.
Ce fut une belle journée fort agréable grâce à Didoux, que je remercie pour ce beau cadeau de Noël (décalage horaire oblige, j'écris cet article le 26).
A suivre pour connaître notre alte à Prony en détails...
Didoux a voulu me montrer un peu le domaine où il travaillait il n'y a pas si longtemps que cela. Nous sommes donc partis de Nouméa et avons pris la route qu'il prenait avec le bus pour se rendre à Goro. Cette route est fantastique. Nous avons commencé par remonter la vallée de la Lembi pour arriver au col de Mouirange qui atteint 255 mètre d'altitude. Vous avez d'ici une vue sur la terre rouge mais aussi sur le maquis minier. Nous avons passé ensuite les Deux Tétons, avec une vision sur une plaine immense qui vous rappelle à quel point ce pays est vert et étendu. Nous sommes enfin arrivés au col de Ouénarou, où se trouve l'entrée du parc provincial de la Rivière-Bleue, mais il était fermé (ce sera pour une prochaine fois).
Au lieu d'aller jusqu'à Yaté, qui se trouve sur la côte Est nous bifurquons et rentrons au cœur de cette région avec ses pistes couleur sang. Pour Didoux ces voies sont celles de son passé, pour moi c'est les routes de l'Enfer, ou plutôt des nids de poules. Il avait oublié qu'avec un 4x4, la circulation sur ces pistes est beaucoup plus aisée, mais nous rentrions ainsi dans l'envers du décor au milieu de la nature.
Et puis soudain vous arrivez au milieu de la mine où des machines immenses travaillent. Et surtout vous tombez sur l'usine de nickel. Cette usine de transformation se situe là, au milieu de cette verdure, une masse de métal qui choque. Ces structures, sorties d'un livre de science-fiction, sont démesurées et ne laissent pas indifférentes. Suivent la base vie... et puis plus rien.
Nous poursuivons notre chemin pour nous rendre à la Baie du Prony et à son village (mais je vous en parlerais demain, car ce serait trop long). Après plusieurs heures de route et de conduite fatigantes, entre les trous et les virages, nous décidons de fermer la boucle et de rentrer sur la capitale. Nous suivons les lacets qui nous mènent au col de Crèvecoeur à 324 mètres d'altitude, où nous pouvons voir Nouméa qui se profile au loin. C'est aussi ici que nous pouvons approcher de près les éoliennes de Plum. Installées ici en 1996, elles ont été importées du Danemark, elles ont la particularité de résister à des rafales de 280 km/h, pas inutile dans un pays à cyclone.
Nous descendons lentement vers la plaine du Champ-de-Bataille, nom faisant référence aux combats auxquels se livraient autrefois les guerriers de Kunié avec les tribus locales quand ils venaient s'approvisionner en bois pour leurs pirogues. C'est une plaine d'un beau camaïeu de vert grâce à un projet de reboisement qui couvre largement ce lieu. Nous arrivons enfin à la rivière des Pirogues qui annonce la fin de notre circuit.
Ce fut une belle journée fort agréable grâce à Didoux, que je remercie pour ce beau cadeau de Noël (décalage horaire oblige, j'écris cet article le 26).
A suivre pour connaître notre alte à Prony en détails...
mercredi 25 décembre 2013
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