vendredi 27 décembre 2013

La baie du Prony

Ponctuée de tâches de verdure sombre et de jolies plages, la baie du Prony est découpée en une série de baies secondaires : de la Somme, du Carénage, des Kaoris, de l'Aiguillon, de l'Est. Nous avons d'ailleurs déjà eu le plaisir d'y dormir sur le Vayu, et ce lieu est d'un calme et d'une beauté renversantes.


La baie doit son nom au commandant Jean-Joseph de Brun, qui navigant dans ces eaux pour son étude hydrographique, la baptisa du nom de sa corvette "Prony". Il nomma également les îlots alentour : le premier îlot, à l'entrée, en l'honneur du capitaine responsable de l'expédition Tardy de Montravel, le second prit le nom de Joseph Casy qui assumait les fonctions de Ministre de la Marine et enfin le dernier fait référence à son fils Gabriel.


Lové au creux de la baie se trouve le village de Prony. Une vraie merveille au passé lourd.
A ses débuts, ce fut un camp : Le camp Sébert. Ce capitaine de l'artillerie de la Marine eut la délicate mission d'implanter une exploitation forestière pour ravitailler Nouméa en bois. Avec 33 hommes dont 29 transportés, il approvisionna avec succès la capitale. En 1873, soit 6 ans après, le camp passa sous contrôle de l'administration pénitencière. Des bâtiments en dur furent dès lors construit tel la poudrière, le magasin de matériel... Le nombre de bagnards atteindra 635 individus en 1898, mais le rendement ira à contrario en diminuant. Ce qui amènera lentement son abandon et sa fermeture en 1911.
Après le bagne, ce fut la SOCAMIFER, filiale de la SLN, qui ouvre, en 1956, une exploitation d'extraction de fer et implante sur les ruines un village de mineurs habités par les familles jusqu'en 1968. En 1990, ses habitants fondent l'Association du village de Prony pour sauvegarder et conserver ce patrimoine et ce site exceptionnel. En 2007, la Province Sud devient propriétaire et inscrit le site aux monuments historiques.



A ce jour, il ne reste plus grand chose des bâtiments du bagne qui sont souvent recouverts par les racines de banians géants. Mais cet endroit respire la quiétude et fut la perle de notre ballade.

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